La Cour d’appel fédérale rejette un appel pour manquement prétendu au devoir de consultation
Première Nation Tzeachten c. Canada (Procureur Général), 2009 FCA 337
Cour d’appel fédérale, 19 novembre 2009
Disponible à : http://www.canlii.ca/en/ca/fca/doc/2009/2009fca337/2009fca337.html (en anglais seulement)
Dans un contexte de consultation d’une Première Nation relativement au transfert de terres non assujetties à une entente, la Cour d’appel fédérale a rejeté l’appel de trois communautés (« Première Nation »), lesquelles demandaient une ordonnance visant à annuler le jugement de la Cour fédérale, l’obtention d’une déclaration selon laquelle une décision de transférer des terres rendue en 2003 était invalide ou illégale et une déclaration que la Couronne a et continue d’avoir une obligation de les consulter et de tenir compte de leurs intérêts de façon appropriée.
Voici les faits qui ont mené au litige :
Les terres transférées étaient adjacentes à la réserve de la Première Nation. Cette réserve étant trop petite pour ses besoins, la Première Nation avait revendiqué les terres en question. De plus, la Première Nation avait toujours une revendication particulière non résolue, ainsi qu’une revendication de titre autochtone afférente à ces terres. Des négociations entamées dans les années 90 avaient échoué eu égard à la position de la Première Nation selon laquelle les propositions de la Couronne ne constituaient pas des mesures adéquates envers les revendications des Premières Nations.
Au printemps 2000, une soumission a été faite au Conseil du Trésor relativement à la disposition des terres. La soumission prévoyait que les terres seraient retenues pour une période de deux ans à partir de juin 2000 pour permettre la tenue de plus amples négociations. En mai 2000, la Première Nation a soumis une proposition au Conseil du Trésor, laquelle consistait en une étude détaillée qui établissait l’importance des terres pour eux, ainsi qu’un plan de développement, y compris des habitations et des infrastructures pour leurs membres, de même que certaines mesures d’utilisation des terres à des fins commerciales et mixtes dans un but de génération de recettes. En juin 2000, le Conseil du Trésor a informé la Première Nation que sa soumission avait été prise en considération, mais qu’il avait plutôt accepté la proposition de la Couronne relativement au transfert des terres. Du point de vue de la Première Nation, le transfert de ces terres retirait ces dernières d’un inventaire fédéral qui aurait pu servir à régler leurs revendications. Après 2000, il n’y a pas eu d’autres discussions, aucune entente n’a été conclue et les terres ont finalement été transférées en 2004.
La Cour d’appel fédérale a conclu que la Couronne avait rempli son devoir de consulter en juin 2000. La consultation avait déjà été réalisée de façon appropriée à cette date et la Cour a remarqué que la Première Nation n’avait pas pris d’autres mesures après 2000 pour faire avancer les négociations relativement aux terres. La Cour a aussi conclu que le juge de première instance avait raison de considérer que, lorsque l’on évalue les répercussions néfastes potentielles d’une décision à l’égard d’une revendication de titre autochtone, il importe de soupeser s’il est possible d’indemniser en argent les victimes de ces répercussions néfastes ou s’il est impossible de le faire parce que l’objet de la revendication est essentiellement unique et lié à une revendication autochtone non reconnue.
Par conséquent, la Cour d’appel fédérale a rejeté l’appel et a confirmé la décision de la Cour fédérale.
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