La Cour fédérale conclut que l'Office national de l'énergie (ONÉ) n'a pas l'obligation de consulter les communautés autochtones quand elle prend ses décisions
Première nation dakota de Standing Buffalo c. Enbridge Pipelines Inc., 2009 CFA 308
Cour fédérale d’appel, 23 octobre 2009
Disponible à : http://www.canlii.org/fr/ca/caf/doc/2009/2009caf308/2009caf308.html
Dans le contexte du droit administratif et constitutionnel canadien, la Cour fédérale d’appel a conclu que l’ONÉ n’est pas assujetti à une obligation de consulter les communautés autochtones tel qu’il est décrit par la Cour Suprême dans l’affaire Nation haïda (Nation haïda c. Colombie-Britannique (Ministre des Forêts) [2004] 3 R.C.S. 511).
Le résumé des faits menant au litige est le suivant :
La présente affaire a débuté quand des demandes ont été faites à l’ONÉ relativement à l’approbation de trois projets de pipeline proposés par Enbridge et TransCanada dans le cadre desquels la Première nation dakota de Standing Buffalo a participé à titre d’intervenante.
Après que l’ONÉ a rejeté les arguments de la Première nation et délivré des certificats pour les projets de pipeline (article 52 de la Loi sur l’Office national de l’énergie, L. R. C. 1985, ch. N-7, « la Loi sur l’ONÉ »), il a été demandé à la Cour fédérale d’appel de déterminer : (1) si l’ONÉ avait l’obligation de consulter (conformément à l’arrêt Nation haïda),les appelants, avant de prendre sa décision et, le cas échéant, si la Couronne s’était acquittée de cette obligation; et (2) de décider si la mesure prise par l’ONÉ en vertu de l’article 52 de la Loi sur l’ONÉ (délivrance des certificats) violait l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.
En ce qui concerne la première question, la Cour fédérale d’appel a conclu que l’ONÉ, à titre d’organisme quasi-judiciaire distinct de la Couronne ou de tous ses mandataires, n’a pas l’obligation de consulter les communautés autochtones quand elle prend ses décisions.
En ce qui concerne la question à savoir si la décision prise par l’ONÉ de délivrer des certificats d’utilité publique viole ou non l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, la Cour a jugé que les appelants n’ont pas satisfait au fardeau de la preuve en la matière. En fait, la partie qui invoque l’invalidité d’une disposition législative, l’intervenant dans cette affaire, a le fardeau d’établir que la Couronne porte atteinte à un droit ancestral existant. Après quoi, le fardeau revient à la Couronne d’établir que l’atteinte est justifiée.
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